Un outil facile à mettre en place : le comptage des vers de terre

Un des outils les plus faciles à mettre en œuvre pour évaluer l’état de la vie des sols est le comptage de vers de terre.

En effet, les vers de terre créent de la porosité, permettant à l’eau et à l’air de mieux circuler, participent à l’humification et à la minéralisation de la matière organique des sols et augmentent la stabilité structurale.

Un sol riche en vers de terre évoque donc un sol qui fonctionne bien où l’activité biologique est active.

3 familles de vers de terre

Il existe 3 familles de vers de terre et selon la famille, le travail effectué n’est pas le même.

L’objectif est donc de savoir quels vers sont présents en les identifiant selon des critères simples : leur couleur, leur taille et leur comportement.

Les 3 familles que l’on retrouve sont :

  • Les épigés : Petits vers rouges sombres et vifs qui vivent à la surface, dans la litière. Ils ne creusent pas de galeries mais participent au fractionnement de la matière organique.
  • Les endogés : De taille moyenne ils vivent sous la surface et se déplacent horizontalement dans des galeries très ramifiées. Ils dégradent la matière organique du sol en profondeur.
  • Les anéciques : De grande taille, ils se déplacent verticalement dans le sol, mélangeant la matière minérale et la matière organique. Ils creusent de grosses galeries qui améliorent la porosité du sol et favorisent la circulation de l’eau et de l’air.

Les deux méthodes : test bêche ou test moutarde

Deux méthodes sont possibles pour analyser le peuplement en vers de terre de ses parcelles.

LE TEST BÊCHE

Le test bêche consiste à prélever un volume de sol à l’aide d’une fourche bêche (pour ne pas couper les vers de terre) et de trier les vers de terre qui y sont présents. Il faut ensuite identifier la classe écologique des vers capturés selon un guide de détermination, mesurer l’abondance (comptage) et la biomasse de chaque classe (pesée).
Il suffit d’extrapoler les résultats obtenus sur la surface étudiée à l’hectare pour avoir une idée de la population en vers de terre de la parcelle.

LE TEST MOUTARDE

Pour que le test soit représentatif, on définit généralement 3 placettes d’étude dans la parcelle.
Le protocole se fait en plusieurs étapes :

  • Il faut d’abord délimiter plusieurs zones d’études à l’aide d’un cadre d’1 m² disposé sur le sol.
  • Il faut ensuite couper toute la végétation présente sans l’arracher, pour faire place nette et pouvoir voir les vers de terre lors du comptage.
  • Préparer la solution à base de moutarde : dans un arrosoir de 10 L, diluer 300 gr de moutarde fine et forte.
  • Arroser de manière homogène la zone de comptage avec la totalité de l’arrosoir de 10 L.
  • Pendant 15 minutes, récolter les vers de terre qui remontent à la surface (uniquement dans la zone délimitée).
  • Stocker les vers dans la bassine avec un peu d’eau. Attention il faut bien attendre que le ver soit sorti de sa galerie pour ne pas le couper avant de le récolter.
  • Au bout de 15 minutes, renouveler l’opération et verser à nouveau 10 L de mélange sur la zone de comptage.
  • Récolter encore pendant 15 minutes tous les vers.
  • Il suffit ensuite d’identifier la classe écologique des vers capturés, mesurer l’abondance (comptage) et la biomasse de chaque classe (pesée).
  • Pour finir, extrapoler les résultats obtenus sur la surface étudiée à l’hectare.

Qu’est-ce qu’un niveau de vie biologique correct?

D’après Marcel Bouché, lorsque les parcelles présentent une masse de vers de terre supérieure à 1 tonne on peut estimer que son sol commence à présenter un niveau de vie biologique correct.