2021 : 12 mélanges différents testés

En juillet 2021 nous avons décidé de lancer un projet d’essai de semis à la volée de couverts végétaux avant la moisson d’un blé. Ce projet est mené en partenariat avec la Fédération Régionale de Chasseur des Hauts de France.

L’objectif ici est de garder les chaumes de blé pour agir en faveur de la biodiversité et de la faune sauvage ; mais surtout de gagner du temps dans le semis des couverts végétaux et réduire le coût d’implantation.
Les couverts végétaux testés ont été semés 10 jours avant la moisson du blé. Les moissonneuses batteuses avaient une largeur de coupe de 7m maximum pour optimiser une bonne répartition des menues pailles sur toute la largeur de coupe.

Enrobage des graines pour un épandage sur une largeur de 36m

Le challenge de cet essai réside en une bonne germination des graines et en un épandage sur une largeur de 36m (taille du pulvérisateur de la ferme en test).
Pour pouvoir épandre les semences sur une grande largeur (36m), nous avons procédé à une technique d’enrobage. Cette méthode consiste à coller les petites graines (phacélie, crucifères) aux grosses graines avec un mélange de mélasse (le collant) et d’argile verte (l’asséchant).

Préparation des semis de couverts végétaux Préparation des semis de couverts végétaux Préparation des semis de couverts végétauxPréparation des semis de couverts végétaux Préparation des semis de couverts végétaux

Vesces et crucifères sortent du lot

D’après les mesures de biomasse et de largeur d’épandage, 3 espèces ressortent clairement du lot :

  • Vesce
  • Radis fourrager
  • Moutarde

Les vesces (légumineuses à graines rondes, plus ou moins lourdes) permettent d’optimiser la largeur d’épandage et d’atteindre au minimum 30m en distance d’épandage. De plus leur capacité à germer uniquement par la couverture des menues pailles est un atout non négligeable.

Les radis (graines de petites tailles, plutôt anguleuses) se collent bien aux graines de grosses tailles, de plus leurs facultés germinatives est un véritable atout. En revanche les variétés tardives sont à privilégier pour éviter une montée à graine trop précoce.

De même que les radis, les moutardes présentent un intérêt sur le semis à la volée de part leurs facultés germinatives mais la montée à graine très précoce limite leur utilisation pour des couverts végétaux à cycle long.

Sur l’ensemble des mélanges testés la phacélie est l’espèce la moins productive. En effet, étant une graine photosensible une mauvais recouvrement par les menues paille provoque une arrêt de la germination. Cette espèce est d’après nous plutôt adaptée à des semis au semoir classique avec un lit de semence.

Points clés à retenir

Dans l’ensemble, le semis à la volée semble être une technique adéquate à conditions de bien respecter certains points :

  • Sélectionner les espèces,
  • Sélectionner les variétés notamment en termes de précocité,
  • Bien préparer l’enrobage, parfois un peu rébarbatif mais essentiel pour maximiser les chances de réussite,
  • Semer entre 7 à 15 jours avant la date de moisson prévue,
  • Ne pas utiliser une largeur de coupe trop importante pour une bonne répartition des menues pailles