Mesurer et calculer les biomasses

La mise en place de couverts végétaux en interculture a de nombreux intérêts, structure et protection du sol, ou encore nutrition de l’activité biologique.

Le couvert végétal étant généralement composé de plusieurs espèces de végétaux, crucifères, légumineuses, graminées, etc…., il paraît intéressant de savoir quelle quantité de biomasse est produite, combien d’éléments minéraux sont recyclés et fixés dans le couvert, et sur combien on peut compter pour la culture suivante.

Calculer la quantité de biomasse présente dans le couvert végétal

L’équipe de la CRA Poitou-Charentes mène depuis 2001 une série d’essais qui ont débouché en 2009-2010 sur la mise au point de la méthode M.E.R.C.I (Méthode d’estimation des Éléments Restitués par les Cultures Intermédiaires).

La biomasse de chaque espèce présente dans le couvert est mesurée. Grâce à l’outil, on peut calculer les quantités d’éléments présents dans le couvert. L’originalité de l’outil est d’être adaptable à tous les mélanges d’espèces, qu’il s’agisse d’un couvert, d’une culture ou d’un mélange fourrager et quelle que soit sa complexité.

Le calcul à l’aide de la méthode M.E.R.C.I.

Le calcul repose sur la biomasse mesurée des couverts à la date de destruction ou lorsque ceux-ci ne poussent plus.
La date de mesure est en effet primordiale puisqu’elle détermine le rapport C/N (% carbone/% azote) du couvert et par conséquent sa capacité à fournir de l’azote rapidement.

En règle générale, plus le couvert est développé, plus le C/N est élevé et plus la libération d’éléments est lente.
Aussi, la présence de légumineuses, en améliorant la part d’azote, permet de conserver des ratios C/N plus bas et donc de restituer au sol plus rapidement des éléments pour la culture suivante.

Le procédé est assez simple cependant la biomasse du couvert étant la seule variable mesurée, la pesée du couvert doit être précise.
La mesure se fait, au minimum, sur 3 placettes par parcelle (par exemple 3 x 1m²) : toute la biomasse aérienne est prélevée, y compris d’éventuelles parties racinaires affleurant (radis chinois, navette). Il est important de ne peser qu’une biomasse ressuyée (pas de pluie, pas de rosée) ; toute humidité superflue entraînant des erreurs de calcul. Chaque espèce est pesée séparément et fera l’objet d’un calcul spécifique.

Les valeurs obtenues par espèces sont ensuite reportées dans l’outil de calcul afin d’obtenir la quantité de biomasse produite par le couvert (exprimée en tMS/ha) et les quantités d’éléments minéraux recyclés et fixés par le couvert.

 

Exemple de résultats obtenus sur un couvert de trèfle incarnat et graminées avant la mise en culture d’un maïs.